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Concert

Orchestre National de Barbès "Trente ans de scène, et nous sommes devenus une véritable famille"

Trente ans de musique et de métissage pour un groupe devenu mythique : l’Orchestre National de Barbès. Taoufik Mimouni, claviériste, nous raconte cette histoire faite de culture et de voyages.

 

Le nom "Barbès" est très symbolique. Que représente-t-il pour vous aujourd'hui ?

Taoufik Mimouni : Barbès, c’est d’abord un boulevard et un quartier emblématique. Pendant longtemps, il a incarné un véritable brassage culturel : on y croisait des Français, des Polonais, des Antillais, des Maghrébins… Cet esprit de diversité a marqué des générations. Certes, le quartier a évolué, il s’est transformé et tend aujourd’hui vers une atmosphère plus “bobo”.

Dans les années 80 et 90, nous y allions pour écouter nos cassettes de musique orientale, pour nous imprégner de cette ambiance. C'est cet esprit de mélange et de rencontre des cultures que nous avons retenu.

 

Votre musique est d'ailleurs décrite comme un “métissage sonore”.
Nous empruntons un peu partout. Sur scène, nous avons parfois été jusqu’à 12 musiciens, chacun avec son bagage : rock, reggae, musique orientale, blues, jazz… C’était déjà un mélange riche. Comme le quartier Barbès brassait les cultures, nous avons brassé les sonorités. Même si le groupe compte une majorité d’Algériens, je peux vous assurer — et je les connais depuis trente ans — qu’il y a des Algériens qui ont grandi dans le rock. Notre musique est donc très éclectique, à l’image de nos parcours.


Vous fêtez cette année vos 30 ans. Quelle est la plus belle émotion que vous ayez vécue ensemble sur scène ?
Franchement, il y en a eu beaucoup. Je vais en citer trois.
La première : la sortie de notre premier album, avec une tournée au Trianon, à Pigalle et à l’Élysée Montmartre. C’était nos débuts, et nous ne nous attendions pas à un tel engouement. Les trois dates étaient complètes.
Ensuite, un souvenir marquant : avoir joué devant l’esplanade de la mosquée du Caire. Cela montre qu’il y a de l’ouverture, malgré les clichés qu’on entend parfois…
Enfin, une tournée en Amérique du Sud en 1998. Quinze jours tous ensemble, dans des bus-lits avec des couchettes. D’habitude, les tournées durent trois ou quatre jours, puis chacun rentre chez soi. Là, nous avons vécu ensemble tout le temps. Cela a soudé nos liens et, depuis, nous sommes devenus une véritable famille.


Qu’est-ce qui vous unit encore aujourd’hui, après toutes ces années de musique et de voyage ?
La musique, bien sûr, mais pas seulement. Nous avons partagé tellement de choses ensemble que nous nous invitons chez les uns et les autres même en dehors de la musique. C’est ma deuxième famille. Personnellement, j’ai passé plus de temps avec eux qu’avec ma propre famille, car je suis souvent sur les routes. À une époque, nous enchaînions jusqu’à 100 concerts par an.


Quels sont vos projets pour 2026 ?
Nous avons commencé un album il y a quelque temps, mais il n’est pas encore sorti. Il reste des réglages… ou peut-être un peu de fainéantise (rires). Il faut dire que nous sommes nombreux, et ça complique les choses. On a longtemps dit que le retard était dû au Covid, mais c’est une vieille histoire maintenant (rires). Nous allons aussi continuer les concerts, même si nous en faisons moins qu’avant. Les budgets sont serrés, et je pense que c’est le cas pour beaucoup d’artistes. On oublie trop souvent que la culture est un investissement : ce n’est pas de l’argent jeté par la fenêtre. La culture adoucit les mœurs, elle éduque, elle élève les esprits, comme le théâtre ou le cinéma.


Si vous deviez adresser un message au public sarthois avant de jouer en mars 2026, que leur diriez-vous ?
Si vous voulez écouter une musique qui vous fait voyager, tout en restant dans une salle, venez découvrir l’ONB. Notre répertoire commence par des musiques traditionnelles de l’ouest algérien, mêlées au reggae. Puis nous passons au ska, à la musique gnawa, au rock, avec des envolées jazzy. Si vous voulez entendre tous ces styles réunis, venez nous voir. Si vous êtes ouverts d’esprit et que vous voulez vous faire plaisir, venez partager ce moment avec nous !

Samedi 21 mars 2026
A 19 heures

Centre Rabelais à Changé

Billetterie : www.diverscenes.fr